Un conseil scolaire francophone insiste pour négocier en anglais

Le Conseil scolaire FrancoSud a déposé une plainte contre l’Alberta Teachers’ Association auprès du conseil des relations du travail, car les représentants des enseignants tiennent à ce que les négociations entre les deux parties se déroulent en français.

« Nous sommes complètement perplexes devant l’insistance à négocier en anglais », affirme Philippe Bresee, président du Sous-comité de négociation. « Notre convention collective est rédigée en français, nous enseignons à nos élèves en français, la langue de travail de notre conseil scolaire est le français – nous servons une communauté d’expression française. »
Jusqu’à présent, les négociations impliquant les conseils scolaires francophones s’étaient toujours déroulées en français.

Le Conseil scolaire FrancoSud a toutefois engagé un conseiller en relations du travail qui ne parle pas français.

Le Conseil scolaire FrancoSud, qui compte 14 écoles situées dans le sud de l’Alberta, a été créé en aout 2013 par la fusion des conseils scolaires francophones public et catholique du sud de l’Alberta. Des négociations libres n’ont pas eu lieu entre la section locale et le conseil FrancoSud depuis la création de ce dernier; cette ronde de négociations représente donc une première occasion pour les enseignants membres de la section locale et les conseillers scolaires d’aborder les questions soulevées par la fusion.

Le Conseil a également déposé une plainte contre l’Association, l’accusant de négociation de mauvaise foi en raison de la position des enseignants selon laquelle les négociations devraient viser à combiner la convention collective des deux anciens conseils scolaires en un seul accord unifié qui s’appliquerait à tous les enseignants employés par le Conseil.

Le président de l’Unité locale francophone no 24, Éric Cloutier, représente les enseignants employés par les quatre conseils scolaires francophones de l’Alberta. Il soutient que l’éducation francophone a pour objectif de préserver et de promouvoir l’utilisation du français dans les régions du Canada où l’anglais prédomine.

« En tant que Franco-Albertains, nos enseignants se dévouent à la cause de l’éducation et de la culture francophones en Alberta », dit Cloutier. « Nous parlons français à la maison avec les membres de notre famille et à l’école avec nos élèves. Le droit à l’éducation francophone est garanti par la Constitution afin d’assurer que les générations futures puissent aussi en bénéficier. »

L’Alberta Teachers’ Association, l’association professionnelle des enseignants albertains, vise à promouvoir l’enseignement public, à faire respecter les normes de conduite professionnelle et à défendre les droits de ses 46 000 membres. L’Unité locale francophone no 24 représente 250 enseignants employés par le Conseil scolaire FrancoSud, lesquels comptent parmi ses 740 membres travaillant au sein des quatre conseils scolaires francophones.